9 janvier 2018

Ce n’est pas peu dire que les personnes qui se cachent derrière l’initiative No Billag ont très bien monté leur coup, à tel point qu’elles sont arrivées à cacher à la majorité d’entre nous le réel but de leur initiative. Car si on pouvait être plutôt d’accord sur la forme, le fond lui ne laisse planer aucun doute.

Mais commençons par le début et rappelons-nous notre réaction lorsque l’on a vu « No Billag » écrit pour la première fois sur l’un de nos écrans. On ne va pas vous le cacher, on est plus que réticent à payer plus de 400.- par année pour une redevance récoltée par une société privée qui se sucre au passage. Et puis surtout pourquoi devrait-on continuer de payer pour des médias qui ne nous représentent pas ? Hormis une émission sur Couleur 3, quelle place est offerte au Hiphop dans ce que l’on nomme le service public ? Depuis ses débuts le Hiphop et le rap plus particulièrement sont dénigrés, au mieux considéré avec condescendance, et l’on devrait maintenant soutenir ces institutions ? On s’est toujours débrouillé tout seul, le Hiphop a inventé le street-marketing ne l’oublions pas, alors pourquoi n’y arriveraient-elles pas ? Remettre les médias dans les mains d’un marché libéralisé c’est aussi certainement s’assurer une plus grande diffusion du rap sur les ondes puisque c’est la musique la plus écoutée. C’est d’une logique imparable, enfin sur la forme, tout comme le sont les arguments des initiants qui se font passer pour des défenseurs de la liberté de choix, d’une égalité de traitement qui offrirait enfin la possibilité de ne payer que ce que l’on consomme. No Billag ça semble clair. On vote oui, Billag disparaît et le gouvernement trouvera une parade pour assurer le service public.

Mais voilà, Billag va de toute façon disparaître puisque son mandat n’a pas été renouvelé et le montant de la redevance va baisser. Le but de l’initiative n’est donc pas là et son texte ne laisse aucune place aux doutes. Si elle est acceptée, les modifications apportées à la Constitution empêcheront toutes formes de subventions ou de redevance, quel que soit leur montant. Le seul rôle de la Confédération sera de mettre aux enchères des concessions. La mort d’un service public de plus, et pas des moindres puisqu’il s’agit ici de privatiser nos identités.

Alors oui, on peut discuter pendant des heures sur les chiffres, le nombre de radios et TV locales qui disparaîtront, les événements culturels qui ne seront plus filmés, les documentaires qui ne seront plus tournés, etc., mais à notre avis la seule question que l’on doit se poser avant de voter réside dans le vrai but de cette initiative :       qui a intérêt à contrôler l’information ?

Si vous voulez que ce soit les plus riches, les plus puissants, alors votez oui à No Billag.
Si comme nous, vous pensez que la liberté (et notre droit à se plaindre de ne pas être assez représenté)  vaut bien 1.- par jour alors vous voterez non.

Joram Vuille, rédacteur en chef   reprezent.ch