
Fichés, Scannés, Digitalisés, " les taggeurs sont cernés " 7 sept 2006 NOUVO TSR |
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Reportage: Zian Marro |
| Pour lutter contre les graffeurs, les CFF ont décidé d'appeler les ordinateurs à la rescousse. Sur les conseils d'un policier neuchâtelois, ils ont mis au point une base données pour ficher les graffitis et les tags.
* video principale: les taggeurs sont cernés Mais les cas de flagrant délit sont rares. Alors la régie fédérale a élaboré une stratégie de lutte efficace. «Le graffitis influence le sentiment d'insécurité des voyageurs, explique Jean-Philippe Rochat, responsable de la lutte contre le vandalisme sur les véhicules CFF. De ce fait nous retirons immédiatement le véhicule de la circulation et le desprayons dans les plus bref délais. Il y a aussi le fait que nous ne voulons pas que les graffitis voyagent sur l'ensemble du territoire.» Car le but des sprayeurs, c'est que leur graffiti soit vu le plus longtemps possible, par un maximum de personnes. Un train, c'est le support idéal. Le nettoyer rapidement, c'est le secret de la guerre contre les sprayeurs. Mais avant de l'effacer, un employé photographie le graffiti. Les photos sont immédiatement chargées dans la base données des CFF. Grâce à cela, on peut suivre l'évolution du phénomène presque en temps réel. Ces images serviront aussi au dépôt de plainte. «Chaque cas de graffiti est un dommage à la propriété, rappelle Jean-Philippe Rochat. En temps que tel nous déposons systématiquement plainte et nous accompagnons la plainte de photos.» Un
appareil photo numérique pour arme Alors sur le terrain, le sergent-major Robert Paillard dégaine plus souvent son appareil numérique que son arme. Dans un passage sous-voie près de Colombier, les graffitis et les tags sont autorisés. Mais l'appareil du policier crépite: il vient se tenir au courant des dernière tendances. «Il y a des grafs qui sont quand même très beau, remarque le chasseur de graffiti Je trouve que c'est un art qui a sa place dans notre société. Pour autant qu'il se fasse dans ce cadre-là.» Car juste à côté, un tag visiblement fait à la va-vite s'étale sur un long mur blanc. Le propriétaire a déposé plainte. Ce «vandalisme qui n'apporte rien du tout», c'est la bête noire du sergent-major. De
retour au poste de gendarmerie de Boudry où il travaille, le policier
n'est pas peu fier de nous montrer le fonctionnement de la toute nouvelle
base de données. A terme, ce sont quelque 3000 photos qui seront
accessibles sur le réseau de la police cantonale, depuis n'importe
quel ordinateur.
Sur internet, les sites consacrés aux graffitis et aux tags prolifèrent. Des images et des infos que le policier n'hésite pas à récupérer pour alimenter sa base données. Mais il n'y a pas que le net. Dans les archives du docteur ès graffitis, les magazines plus ou moins officiels sont une véritable mine de renseignements. Mais ils ne se vendent pas sur abonnement. Pour les trouver, le policier tombe l'uniforme et se rend incognito à Berne. Dans ce magasin spécialisé, le policier sait exactement ce qu'il veut: le dernier numéro de Non Stop. Le graf légal, c'est tendance
En juin dernier à Martigny (VS), une vingtaine de graffeurs romands étaient invités à relooker ce préau. Pour certains, sprayer en toute légalité, c'est une évolution positive. «Ce que j'aimerais pouvoir faire, c'est donner la possibilité de graffer légalement, explique JASM, un des organisateur de l'événement. Parce que quand nous on a commencé, on avait pas le choix de le faire illégalement. Donc j'aimerais simplement donner un choix.» En
2005 le vandalisme sur les trains aura coûté plus de 3 millions
de francs à la régie fédérale. La lutte numérique
a-t-elle freiné le phénomène ? «No comment»,
répondent les CFF. A Neuchâtel, depuis bientôt 10 ans
que le sergent-major Paillard lutte contre les sprayeurs, les plaintes
ont baissé de 75%. <(°i°)>
* la régie fédérale: http://mct.sbb.ch/mct/fr/konzern.htm |